
Le Lieutenant-colonel Le Garrec est le
fils d'un instituteur né à Ploemeur.
Au début de la guerre, il refuse de voir la France sous le joug de l'occupant,
et crée son propre réseau de résistance dans la région de Baden, son père étant
instituteur à l'école de Larmor Baden.
Il rejoint en janvier 1944 les rangs de l'O.R.A commandé alors par le Commandant Muller. Il prend le commandement du 2ème bataillon FFI du Morbihan, sa fille Marise sera son principal agent de liaison.
Son bataillon sera spécialisé dans les sabotages des liaisons et des lignes ferrovières, il réussira à retarder de plusieurs jours le départ de troupes frèches vers les plages de débarquement en Normandie.
Il participa également aux combats de Saint-Billy et de Saint-Marcel, ainsi qu'à la libération de la presqu'île de Quiberon, puis plus tard avec d'autres bataillons encerclera la poche de Lorient.
En date du 1er décembre 1953, une attestation délivrée par l'Amicale F.F.I & Combattants Volontaires de la Résistance lui est transmise:
"Je soussigné Capitaine de Frégate Chenailler, Alias Lieutenant-colonel Morice, ex commandant des forces Françaises de l'Intérieur du Morbihan, Officier de la Légion d'Honneur, Compagnon de la Libération, certifie que le Lieutenant-colonel Le Garrec Yves a appartenu depuis mars 1942 à un réseau de renseignements [...]a fourni à cette époque un travail complet sur les emplacements des batteries anti-aériennes allemandes du secteur de Lorient.Jusqu'au mois de septembre 1943 il a procédé à de nombreux sabotages individuels des lignes télégraphiques et réseaux de commandement allemand (entre autres, coupures du câble souterrain téléphonique entre Vannes et Arradon).
C'est à partir de septembre 1943 que le Lieutenant-Colonel Le Garrec après avoir recruté une équipe d'action immédiate a procédé lui-même avec sa troupe au sabotage méthodique et permaent de la voie ferrée Quimper-Paris.Il a été constaté 14 déraillements réussis sur cette ligne qui est restée parfois plus de 24 heures inutilisable.
D'autres part, le Lieutenant-colonel Le Garrec procédait au recrutement d'un bataillon de volontaires bien encadrés qui, mobilisés au complet, prenait le maquis le 1er juin 1944. Cette unité devenue 2ème Bataillon des Forces Françaises du Morbihan, a combattu le 13 juin 1944 à Saint-Billy, le 18 juin à Saint-Marcel, le 20 juillet à Treurous.
A partir du 1er août 1944, le 2ème Bataillon sous les ordres du Lieutenant-colonel Le Garrec, a participé à tous les combats de la libération attaquant les convois ennemis sur tous leurs itinéraires, nettoyant les poches de résistance, notamment à Sainte-Anne d'Auray, à Auray, à Erdeven. Depuis le 10 août 1944 le siège de Lorient a été assuré par les Forces Françaises de l'Intérieur du Morbihan et le Lieutenant-colonel Le Garrec a reçu le commandement du secteur de Ploemel. Son commandement s'exerçait sur le 2ème Bataillon de Morbihan, le 14ème Bataillon des Côtes-du-Nord et le Bataillon de l'Infanterie de l'Air du Loir et Cher..."
Le Lieutenant-colonel Le Garrec reçut également la médaille du Roi d'Angleterre
"Médaille du Roi pour actes de courage dans la cause de la liberté, le
Commandant Le Garrec prit part personnemllement à de nombreuses missions
entreprises par des hommes du Service Spécial de l'Air opérant derrière les
lignes allemandes dans la région du Morbihan pendant les mois de juin et juillet
et début août 1944.
Un officier du S.A.S raconte les faits suivants:Pendant ces mois il guida et dirigea personnellement de nombreuses missions du S.A.S de la région.
Pendant la bataille de Saint-Marcel, le 18 juin 1944, quand d'importantes forces ennemies attaquent la base S.A.S de la région, le Commandant Le Garrec amena un bataillon de F.F.I au secours des S.A.S, et bien qu'ayant subi de grosses pertes, il regroupa ses hommes et attaqua de nouveau, permettant ainsi aux S.A.S de se dégager avec succès et de continuer leur mission."
Alain Terras